Pourquoi parler de la citoyenneté des jeunes?


Parce que le citoyen ne surgit pas de nulle part à sa majorité. Une citoyenneté active se prépare et les pouvoirs publics doivent s'engager dans cette voie, qui va bien au-delà du maintien des cours d'instruction civique dans le programme scolaire.

Reconnaître la citoyenneté des jeunes, c'est concilier deux nécessités: celle de les protéger - sans pour autant les infantiliser - et celle de favoriser la conquête et la pratique de leur autonomie sociale, de leur donner les moyens d'acquérir les outils nécessaires au plein exercice de leur citoyenneté. C'est pourquoi la reconnaissance de la citoyenneté du jeune doit être formellement reconnue dans les travaux de la Constituante, comme cela a été effectué aux niveaux fédéral et international.

Reconnaître la citoyenneté des jeunes, c'est les tenir pour des personnes différentes des adultes, mais cependant douées individuellement et collectivement d'une légitime vision du monde et d'une capacité à s'exprimer, à agir et à participer à la vie sociale. C'est les considérer comme de réels interlocuteurs. On ne peut continuer à les tenir éloignés de tout processus de décision tout en pensant qu'ils seront satisfaits de ce que l'on a très gentiment concocté pour eux. On ne peut continuer à proclamer que la jeunesse est l'avenir de la société tout en tenant cette jeunesse soigneusement en marge de toute prise réelle sur son présent. Les adultes de demain sont avant tout des jeunes d'aujourd'hui, face à leur avenir certes, mais bien ancrés dans leur présent sur lequel ils doivent pouvoir intervenir.

La citoyenneté plénière n'est accessible que progressivement. Elle suppose de nombreuses découvertes, expériences et acquisitions de la part des jeunes, et ceci n'est possible que s'ils sont considérés comme des partenaires actifs et non des consommateurs passifs. Trop souvent, tout le monde trouve normal que les jeunes soient des "usagers sans parole". Ils doivent pouvoir participer à la définition de leur société, qui est celle dans laquelle on leur demande de s'intégrer.

 

L'autonomie, comme la liberté, se conquiert. Devenir citoyen demande un effort volontaire qui doit être encouragé et soutenu.

 

D'où l'importance de la participation, souvent revendiquée par les jeunes mais mal comprise par les adultes. Trop souvent, la participation offerte ne prend pas en compte les demandes réelles des jeunes qui se retrouvent coincés dans des "structures alibi" sans réels pouvoirs. La citoyenneté, pour les jeunes, ce n'est pas s'exercer à faire comme les adultes, c'est venir avec ses envies, ses besoins, ses projets et chercher ensemble des solutions. C'est, très souvent, s'engager progressivement à des niveaux différents. Le jeune commence en général à s'investir dans son environnement immédiat: école, amis, loisirs, quartier, commune. Ce premier stade est indispensable pour tester le fonctionnement de son environnement et comprendre comment agir.

 

Si cette étape se passe bien, le jeune aura envie de s'investir à d'autres niveaux. Le champ dans lequel s'exerce sa citoyenneté s'élargit et se diversifie au fur et à mesure que le jeune accroît ses capacités.

 

Si cela ne fonctionne pas, par ex. si ses demandes ne sont pas prises au sérieux - il faut bien attendre que jeunesse se passe - le jeune peut complètement se retirer du circuit, avec toutes les conséquences que cela impliquera pour lui et la société: marginalisation, incapacité à participer à la vie sociale.


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